À Hénallux, plus d'un étudiant sur trois souffre de symptômes dépressifs modérés à sévères. C'est l'un des constats issus d'une enquête inédite menée auprès de 871 étudiants de la Haute École Namur-Liège-Luxembourg (Henallux).
Qui est derrière l'étude ?
Vincent La Paglia est chercheur en sciences humaines et sociales au sein de FoRS, le centre de recherche de Hénallux. Dans le cadre d'un consortium de sept hautes écoles du réseau catholique belge, il a piloté la collecte des données pour son établissement. L'enquête, commanditée par le Secrétariat général de l'enseignement catholique (Segec), a été lancée en novembre dernier et le questionnaire envoyé aux étudiants début février. Au total, 7.409 étudiants y ont répondu à l'échelle du consortium — mais c'est la réalité namuroise qui retient d'abord l'attention.
Dépression et anxiété : Hénallux au-dessus de la moyenne
Sur les 871 questionnaires complets analysés pour Hénallux, 38 % des étudiants présentent des symptômes dépressifs allant du modéré au sévère — soit sept points de plus que la moyenne du consortium, établie à 31 %. Près de 5 % affichent même une dépression sévère. Du côté de l'anxiété, 31 % des étudiants namurois dépassent le seuil d'anxiété modérée à forte. Le lien avec les études est direct : plus les symptômes dépressifs sont élevés, plus la motivation à s'investir dans sa formation s'effondre.
Des aides qui n'arrivent pas
Ce qui frappe également, c'est le fossé entre les besoins et le recours aux aides disponibles. 65 % des étudiants de Hénallux ignorent l'existence de la cellule de soutien psychologique de leur établissement. Parmi ceux qui disent avoir besoin d'aide pour surmonter une situation difficile — 41 % de l'échantillon —, un quart n'a jamais consulté de psychologue. Ils représentent 10 % de la population totale interrogée.
Même constat du côté des aides sociales et financières : environ 30 % des étudiants n'ont pas eu accès aux dispositifs auxquels ils pouvaient prétendre, principalement faute d'information ou en raison de la complexité des démarches.
Une précarité qui s'installe
Les chiffres sur la privation matérielle complètent ce tableau : 27 % des étudiants namurois ne peuvent pas se permettre une semaine de vacances, 17 % renoncent aux activités de loisirs faute de moyens, et près de 7 % déclarent avoir sauté un repas pour des raisons financières.
La suite
Le rapport complet du consortium, qui couvrira l'ensemble des sept hautes écoles, est attendu pour fin mai 2026. Vincent La Paglia entend continuer à diffuser ces résultats — dans les médias, les colloques et les salles de cours — avec un objectif clair : que ces chiffres pèsent concrètement sur l'accompagnement des étudiants en difficulté.
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