Le développement de l'énergie éolienne, bien qu'utile pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, représente une menace pour la faune volante, souvent victime de collisions mortelles avec les pales en rotation. Et pourtant des solutions existent.
Plusieurs études scientifiques ont montré par le passé que les chauves-souris sont attirées par les éoliennes, ce qui augmente par conséquent le nombre d’individus victimes de collision chaque année. Face à cela, le bridage (arrêt des éoliennes lorsque le vent est relativement faible) est l’une des seules solutions pour éviter que les animaux ne soient percutés par les pales.
Depuis le 25 février 2021, un arrêté du Gouvernement wallon impose que les éoliennes soient programmées, entre le 1ᵉʳ avril et le 31 octobre, pour garantir un arrêt du rotor pendant 90 % de l’activité des chauves-souris. L’objectif est simple : protéger ces espèces durant la période où elles sont le plus actives.
Les éoliennes sont donc bridées, c’est-à-dire temporairement arrêtées, lorsque plusieurs conditions sont réunies : il fait doux, le vent est faible et il ne pleut pas. Ce dispositif permet de limiter fortement les risques de mortalité pour les chauves-souris.
Aller plus loin : l’exemple du parc éolien de Gesves et Ohey et le bridage dynamique
Dans le parc éolien de Gesves et Ohey, connu sous le nom "Les géantes du Samson", l'entreprise Renner Energies a souhaité aller plus loin dans la protection des chauves-souris en testant une solution innovante, déjà adoptée dans plusieurs pays mais qui constitue une première en Wallonie, le bridage dynamique des éoliennes.
Contrairement au bridage statique, qui se base sur des conditions prédéfinies établies sur les probabilités de d’activité, le bridage dynamique fonctionne sur l’activité réelle. Un micro très sensible capte les ultrasons émis par les chauves-souris. Un algorithme d’intelligence artificielle analyse ensuite ces sons pour identifier l’espèce détectée. Dès qu’une présence est confirmée, le système de commande de l’éolienne ordonne immédiatement son arrêt. L’éolienne redémarre ensuite automatiquement après une période de plusieurs dizaines de minutes sans nouvelle détection.
Cette approche renforce la protection des chauves-souris tout en optimisant la production d’électricité. En effet, l’éolienne s’arrête lorsqu’une activité réelle est observée ce qui permet d’éviter les interruptions inutiles et de dépasser l’objectif de protection de 90% couvert par le modèle prédictif.
Cette innovation illustre parfaitement comment la technologie peut servir la nature et constitue une avancée importante pour concilier transition énergétique et préservation de la biodiversité.
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