Avec le retour des beaux jours, vient aussi le retour du frelon asiatique. La commune de Gesves a voulu s'y prendre à temps en distribuant une grille spéciale qui capture les frelons asiatiques mais laisse passer les autres insectes.
À Gesves, une collection de petites grilles rouges a été distribuée par la commune à plus de 350 habitants de la région. Pourquoi ? Pour piéger les frelons asiatiques. Contrairement à d'autres insectes plus fragiles, tous les frelons ne meurent pas pendant l'hiver : ils hibernent, un calvaire annuel notamment pour les apiculteurs.
"J'ai une dizaine de ruches, dans un grand terrain, et le frelon asiatique, c'est vraiment une catastrophe pour la biodiversité et certainement pour les apiculteurs parce qu'une des nourritures préférées du frelon, c'est bien sur l'abeille. Et comme les ruches sont concentrées au même endroit, c'est le bouquet garni pour eux." Nous explique Benoît Linard, apiculteur à Faulx-les-Tombes.
Ces grands mangeurs d'insectes, c'est au printemps qu'ils ressortent le bout de leur nez. Règle numéro un, ne pas attendre l'été pour les piéger.
"Il faut piéger au printemps et en automne, pour piéger les reines fondatrices parce qu'un nid de frelons, à la fin de l'année, peut donner à peu près 300 reines fondatrices. Et dans les 300, il faut compter entre cinq et dix pour cent de reines qui vont émerger au printemps et qui vont pouvoir donner un nid fonctionnel" Nous apprend Benoît Linard.
Pour éviter de capturer tous les insectes, importants à la biodiversité, un piège sur mesure a été élaboré pour ne capturer que les frelons asiatiques.
"Voilà donc le piège en question. Les trous sont calibrés pour les sorties et ici (en montrant), un trou au centre, qui va permettre au frelon asiatique de rentrer dans le bocal." Nous montre Benoît Linard.
Ce matin, comme beaucoup d'autres habitants, Carine et Jean-Marie sont venu chercher leur grille. Nous sommes ensuite allés les rejoindre chez eux pour suivre la préparation et la mise en place de leur piège à frelons.
"Donc il est spécifié un tiers de bière, un tiers de grenadine et un tiers de vin blanc environ. Je vais déposer dans le pot, probablement 100 millilitres, la moitié parce que si j'en mets plus, il y en aura au-delà du niveau de l'éponge. Ensuite, je place le couvercle au-dessus et voilà." Démontre Jean-Marie Mathias, un habitant de Gesves qui est allé chercher son piège à la commune.
Installé à la verticale pour ne pas craindre la pluie, le piège est prêt. Et comme pour chaque habitant de la région qui possède un piège, Jean-Marie et Carine vont recevoir des mails de la commune leur demandant de renseigner le nombre de frelons capturé au fil du temps, pour analyser les zones les plus touchées et déceler l'emplacement des plus gros nids.
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