Cible d'actes malveillants depuis plus de deux mois, le centre de revalidation de la faune sauvage de Temploux sort du silence. Le CREAVES de Namur dénonce une dynamique coordonnée visant à affaiblir et décrédibiliser sa structure.
Le ton se veut mesuré, mais la lassitude perce derrière chaque ligne. Dans un long communiqué publié sur sa page Facebook officielle, le CREAVES de Namur a décidé de rompre le silence qu'il s'était imposé depuis plusieurs mois face aux agissements dont il fait l'objet.
Le déclencheur ? Une nouvelle intrusion, dans la nuit de dimanche à lundi, sur le site de Temploux. Cette fois, un individu a été pris en flagrant délit. « En 2 mois et demi, nous avons comptabilisé 7 intrusions sur le site de Temploux et 2 intrusions à notre domicile privé », détaille le centre. Le dossier est à l'instruction et le secret de l'enquête limite, pour l'heure, les commentaires possibles.
Une dynamique cohérente
Au-delà des actes de vandalisme, c'est tout un mode opératoire que dénonce la direction du centre. « Pris séparément, ces faits pourraient sembler isolés. Mis bout à bout, ils dessinent une dynamique cohérente : affaiblir, isoler et décrédibiliser notre structure », écrit le CREAVES.
Faux profils supprimés quelques heures plus tard, noms d'emprunt, propos tenus en l'absence des intéressés : autant de procédés qui, selon le centre, évitent toute confrontation directe. À cela se sont ajoutés des sabotages sur les véhicules privés des gérants avec, à deux reprises, des vis dissimulées dans les rainures des pneus.
Des accusations rejetées en bloc
La semaine dernière, des propos jugés diffamatoires auraient été tenus à l'égard du CREAVES, en son absence, devant un partenaire commercial et plus d'une vingtaine de personnes. Il aurait notamment été affirmé que le centre « doit se mettre en ordre sur toute une série de choses en termes de bien-être animal ».
Une affirmation que le CREAVES réfute catégoriquement. « Aucune remise en ordre n'a jamais été demandée au CREAVES de Namur concernant le bien-être animal. Cette affirmation est factuellement incorrecte », martèle la structure, qui souligne que quatre vétérinaires bénévoles veillent chaque semaine au respect de ces normes.
L'épisode de la buse de Dinant
Le contexte s'est encore tendu après l'épisode de la buse de Dinant, prise en charge par le centre avant d'être dérobée. Depuis, les attaques se sont intensifiées. Le CREAVES y voit le symptôme d'un glissement préoccupant : « Lorsque les arguments s'essoufflent, les attaques personnelles prennent le relais. Le débat s'efface, les priorités du terrain aussi. »
Or, derrière chaque heure perdue à gérer ces tensions, ce sont des soins qui sont retardés. « Freiner une structure de soins, c'est freiner le soin lui-même. Et derrière chaque soin, il y a une vie. »
Tenir le cap
Malgré le climat délétère, le centre entend ne pas céder à la surenchère. Une centaine de bénévoles, dont certains présents depuis plus de dix ans, continuent à faire vivre la structure. Le projet du futur Hôpital Faune Sauvage Namur, présenté comme le premier du genre en Wallonie, reste sur les rails.
« Nous ne répondrons pas à la nuisance par la nuisance », conclut le CREAVES. « Nous y répondrons par ce qui fait notre force : le travail, la rigueur et les résultats. »
Sur le même sujet
Recommandations
Les tondeuses robotisées bientôt interdites dès 18h partout en Wallonie
Profondeville: les ressources naturelles au programme des élus
Couvin : la thérapie assistée par l'animal au service des personnes âgées
Une haie plantée pour développer la biodiversité