Ce jeudi soir, au Conseil Communal, la majorité a fait le bilan de sa gestion de crise lors des inondations du 30 mai dernier. Elle a aussi refait le point sur les aménagements qui vont être mis en place pour lutter contre ces catastrophes naturelles.
Le 30 mai dernier, la commune de Sombreffe était touchée de plein fouet par les violents orages qui ont balayé notre pays et provoqué de terribles inondations dans les villages de Ligny, Tongrinne et Boignée.
Le bourgmestre Jonathan Burtaux (IC-MR) est d'abord revenu, lors du conseil communal de ce lundi soir, sur toutes les mesures qui ont été prises par la commune pour gérer cette crise exceptionnelle, depuis le déclenchement du plan d'urgence et l'ouverture d'un centre d'accueil jusqu'à l'organisation du nettoyage des boues et l'évacuation des déchets, en passant par la mise en place d'un call-center, la distribution de repas ou encore la réalisation de reportages en drone pour cartographier les zones impactées. Le bourgmestre a aussi rappelé qu'une demande de reconnaissance en calamité naturelle publique avait été introduite auprès des instances régionales compétentes.
Le bourgmestre et l'échevin des travaux, Pierre Mauyen (IC-MR) ont ensuite dressé le bilan des actions qui ont déjà été menées suite aux inondations de 2021. En vrac, citons la plantation de haies pour retenir les coulées de boue, le nettoyage régulier des cours d'eau en collaboration avec le Contrat de Rivière Sambre et Affluents, ou encore une attention particulière à la délivrance de permis d'urbanisme en zone inondable.
Et puis des travaux de plus grande envergure vont avoir lieu dès la fin de cet été, suite aux analyses sur la gestion des eaux menées par 2 bureaux d'études : Igretec et SHER. Ces derniers préconisent de ralentir les flux en amont via trois zones d'immersion temporaire (ZIT). Un marché public a été lancé en mai dernier pour deux d'entre elles. Un bassin d'orage et des noues sont également à l'étude.
"C'est la somme de tous ces aménagements qui va nous permettre d'agir, mais tout ne sera pas pour autant résolu", précise Pierre Mauyen, "et contre des événements climatiques tels que celui du 30 mai dernier avec par endroits des précipitations diluviennes de 147 litres par m2, on ne peut pas éviter les débordements."
Ces travaux auront évidemment un coût, la commune a d'ailleurs dû réajuster son budget pour faire face. Il faut en effet considérer les coûts immédiats du nettoyage et de l'évacuation des déchets (38 000 euros) et l'hydrocurage des avaloirs (25 000 euros). Ensuite la commune va revoir l'ampleur des aménagements initialement prévus. Bref, c'est environ 1,7 million qui sera nécessaire.
Sur les bancs de l'opposition, les groupes Autrement , PS et Osons Ensemble ont salué la gestion de la crise. "Nous devons vraiment penser aux sinistrés lorsque nous prenons ces mesures, a insisté Marc Laloux (Autrement) , c'est primordial d'agir et vous serez jugés la-dessus. Vous avez très bien géré la crise et cela doit être votre bâton de maréchal jusqu'à la fin de la législature ! "
Valérie Delporte (Osons Ensemble) a ajouté " Il faut réparer les erreurs du passé, les années de bétonisation des espaces urbains et d'industrialisation de l'agriculture, nous n'avons pas le choix."
Sombreffe impactée par les éoliennes sans en tirer profit
Un autre dossier abordé lors de ce conseil communal concerne un projet de nouvelles éoliennes à Villers-La-Ville.
C'est le conseiller Denis Sottiau (IC-MR) qui amène ce point sur la table en sollicitant l'autorisation de déposer un recours au Conseil d'État.
Ce projet, déposé par le promoteur Storm, a reçu le feu vert du ministre de l'Aménagement du territoire François Desquennes (Les Engagés) malgré l'opposition de la population et de plusieurs communes dont la plus impactée Villers-La-Ville.
"Tous les avis sont négatifs", souligne Valérie Delporte (Osons Ensemble), "tant celui de la cellule Giser de la Région qui craint l'imperméabilisation des sols, que celui du Pôle Aménagement du Territoire qui signale la présence de haltes migratoires importantes pour des oiseaux protégés."
Le bourgmestre Jonathan Burtaux ajoute: " Sombreffe est sans doute la plus impactée par la présence d'éoliennes dans le paysage sans toutefois en retirer des bénéfices sur le plan financier. Nous n'avons peut-être pas été assez attentifs dans le passé, mais il y a un enjeu pour notre population et nous pouvons agir."
La proposition a finalement été adoptée à l'unanimité et Sombreffe ira en recours contre ce projet.
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