Les inondations n'ont pas épargné la commune de Jemeppe-sur-Sambre fin mai. Lundi soir, elles étaient au centre d'un long débat en fin de conseil communal. Dans le public, des sinistrés de Spy. Ils se sentent abandonnés par la commune.
Des citoyens habitant Rue du Chaufour à Spy sont présents dans la salle du conseil communal ce lundi. Ils assistent au débat sur les inondations. Des inondations qui ont durement touché leur rue. Nous recueillons leur colère à la fin de la séance. Laurence Brichard dont l'habitation a été envahie par l'eau. Sa cave a été noyée et son rez-de-chausée envahi par trente centimètres d'eau:
"Oui, je suis en colère et je suis triste parce que l'investissement qu'on fait pour nos biens, le contentement de vivre dans cette commune qui je pense a pas mal de capacité, je ne l'ai plus monsieur, je ne l'ai plus. Je n'ai qu'une hâte, celle de partir! "
Autre sinistrée des inondations de la Rue Chaufour à Spy: Laurelyne Lonnoy. Pour elle, la commune est trop laxiste:
"On s'est baladé avec nos voisins, on a repéré des bassins d'orage absolument à l'abandon. On sait par les habitants que les avaloirs ne sont pas nettoyés. Il faut réfléchir aussi à l'urbanisation. On construit un peu partout".
Alors ces habitants de Spy seraient-ils abandonnés par la commune? Réponse de Céline Moureaux, l'échevine de l'aménagment du territoire:
"Non, ce n'est pas vrai, ils ne sont pas du tout oubliés. Je les rassure à ce niveau là. On va faire une réunion citoyenne vraiment par zone sinistrée et bien évidemment il y en aura une à Spy. Ça va se faire dans les deux ou trois semaines qui arrivent. Ils vont très vite en être informés".
Investir sur fonds propres plutôt que d'attendre des subsides
Suite aux inondations de 2021, la commune a eu le feu vert wallon pour recevoir 206 000 € de subsides pour construire des dispositifs atténuant les risques d'inondation. "Mais rien n'a été concrétisé à ce jour", déplore le PS. Les bancs de la minorité parlent de lenteur dans le chef de l'exécutif. La majorité avance de longues procédures administratives. Quoi qu'il en soit, "il faut investir sur fonds propres très rapidement", ont demandé les socialistes. Philippe Carlier (PS), chef de file du principale groupe d'opposition:
"Si on doit encore attendre des subsides régionaux pour faire des gros investissements, je pense qu'on met en péril parfois la vie de nos concitoyens. En matière de travaux de voirie, la commune fait des travaux sur fonds propres chaque année. Pourquoi ne ferait elle pas également des investissements sur fonds propres pour construire des bassins d'orage là où il le faut ?"
Des moyens insuffisants pour lutter contre les inondations?
Hier, la majorité a adopté une modification budgétaire 300 000 € seront engagés dans la lutte contre les inondations. Une somme dérisoire aux yeux des sinistrés présents dans la salle du conseil. Laurence Brichard de Spy:
"On attribue 300 000 euros pour un budget inondations? C'est de la pacotille. Je ne comprends pas, je ne comprends pas. J'attends vraiment des actions concrètes et j'attends vraiment que le citoyen soit entendu et soit informé de ce qui va être mis en place réellement".
La modification budgétaire a été faite à peu près en même temps que les inondations. Du côté du bourgmestre Vincent Vanrossomme qui a prêté serment hier, on souligne qu'il faudra investir sur fonds propres en 2027 pour atténuer les effets dévastateurs des inondations. Des investissements nécessaires pour éviter à l'avenir des factures salées pour les pouvoirs public, mais aussi de forts dégâts chez les citoyens. Car on le sait, ces épisodes extrêmes sont et seront de plus en plus fréquents.
Sur le même sujet
Recommandations
Sombreffe dégage 1,7 million pour remédier aux inondations
Inondations: la Wallonie annonce de nouvelles mesures pour rendre le territoire plus résiliant
Ligny : comment limiter le risque d'inondations ?
Sambreville : le bourgmestre à la rencontre des agriculteurs au sujet des inondations
Inondations: quand l'eau ravage son outil de travail
Indemnisations inondations juillet 2025: et pourquoi pas Namur ?