Un projet de parking souterrain sous la place du Palais de Justice de Namur franchit une nouvelle étape ce 8 avril. Des appareils de mesure sont installés dans les laboratoires de l'UNamur pour enregistrer les niveaux vibratoires de référence.
Ces mesures sont ce que les techniciens appellent des mesures « à blanc ». Avant même qu'un seul coup de foreuse ne soit donné en surface. Pas de chantier visible donc aujourd'hui : tout se passe à l'intérieur des bâtiments universitaires.
L'objectif est de disposer d'une base de comparaison fiable pour évaluer, dans quelques semaines, l'impact réel des forages sur les équipements scientifiques de l'université. Les mesures seront prises en priorité dans le laboratoire de microscopie électronique, dont le matériel de haute précision est particulièrement vulnérable aux vibrations. La logique retenue par la Ville est simple :
« si ces microscopes de haute précision sont protégés, les autres appareils et laboratoires, moins sensibles ou situés à une plus grande distance du chantier, sont eux aussi protégés. »
Un dossier qui traîne depuis 2021
Ce projet ne date pas d'hier. Un premier permis avait été refusé en 2021, les autorités compétentes n'ayant pas pu lever les inquiétudes de l'UNamur quant aux effets d'un chantier de cette envergure sur ses activités. Depuis, la Ville et l'université ont travaillé près de deux ans à redéfinir les conditions d'un projet acceptable. Le cahier des charges qui en résulte prévoit notamment une profondeur limitée à trois niveaux enterrés pour ne pas atteindre le bedrock, un recul minimal de 4,5 mètres entre les constructions et les façades de l'UNamur, et des seuils vibratoires stricts. La Ville souligne à ce sujet que ces seuils « ont été fixés en concertation avec l'UNamur et avec l'appui d'un bureau spécialisé », et qu'ils vont au-delà des normes habituelles de chantier pour protéger spécifiquement les appareils de mesure scientifiques.
Un appel d'offres a ensuite été lancé auprès de quatre opérateurs. Seul Interparking y a répondu. C'est dans le cadre des négociations avec ce gestionnaire que la question s'est posée : ces seuils pourront-ils réellement être respectés lors du forage des pieux sécants ?
« On ne peut pas affirmer que les vibrations provoquées en laboratoire sont identiques à celles qui seront générées par le forage des pieux sur la place du Palais de Justice », reconnaît la Ville.
D'où la décision de procéder à des forages tests avant tout engagement définitif.
Des forages test à partir du 20 avril
Le vrai travail en extérieur commencera la semaine du 13 avril avec l'installation du chantier sur la place. Les forages proprement dits débuteront le lundi 20 avril, pour une durée de quatre à cinq jours ouvrables — avec une interruption les 21 et 22 avril à la demande de l'UNamur, qui a planifié des activités universitaires ces jours-là. Les forages reprendront le jeudi 23 avril.
Interparking s'est engagée à « ne prendre aucun risque inutile et à arrêter les forages en cas de doute ou d'impact avéré ». Les tests seront suivis conjointement par les scientifiques de l'université, par le gestionnaire et son entrepreneur, ainsi que par la Ville de Namur. Le bureau V2i, mandaté par la Ville, assurera la supervision scientifique.
Les résultats seront analysés en mai, validés fin mai par V2i, et les conclusions attendues fin juin.
« Le Collège ne manquera pas de prendre connaissance des résultats de ces tests avant d'envisager la suite à réserver à ce projet », indique la Ville.
Un dossier donc encore loin d'être bouclé — mais qui avance, prudemment, au rythme des microscopes.
Sur le même sujet
Recommandations
Namur : Une voiture adaptée aux PMR pour passer tests d'aptitude et permis de conduire
Trottinettes électriques: vers le port du casque obligatoire à terme?
Cathédrale de Namur : le chantier de rénovation est en vue
Rénovation de l'hôtel de Ville : une partie des pierres bleues reste à Namur