Loin des bancs de l'école, professeurs et élèves parcourent la Wallonie à vélo durant 3 jours. Leur but ? Récolter des lettres de protestation contre les réformes de l'enseignement et les déposer demain au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Sous les applaudissements et en musique, une trentaine de cyclistes ont envahi la cour de l'Institut Saint-Joseph de Jambes, ce matin. Durant trois jours, ils troquent leur rôle de professeur ou d'élève pour celui de facteur. Parmi ces courageux, le professeur de français Tanguy Wera.
On a démarré de Verviers, la grande ville francophone la plus à l'est du territoire, pour rejoindre la capitale. On va porter des lettres au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour faire entendre la voix de parents, de profs, de professeurs d'académie de musique, d'étudiants... qui ont tous un message singulier à exprimer à nos députés, à la ministre Glatigny, à la ministre-présidente Degryse. Et en même temps, je pense que le message, il est très soudé.
A la manœuvre, un collectif de professeurs qui s'émerveille de l'ampleur prise par leur action "Périple à bicyclette". Organisée, notamment, par Fanny Médart, professeure d'histoire.
Quand on dit qu'on récolte des milliers de lettres... On arriverait à 6000 que ça m'étonnerait pas ! Ce qui est très touchant, c'est que ce ne sont pas toujours les couches les plus aisées de la population qui écrivent ces lettres. (...) On a aussi des courriers très touchants de gens qui ont pu profiter de l'intégration scolaire, par exemple. Des élèves qui disent : "Mais comment vont faire les autres ? Moi, j'ai pu bénéficier de cette intégration, mais sans, je ne serais jamais arrivé en rhéto". Il y a des parents d'élèves qui sont touchés en disant : "C'est le repas gratuit de mon enfant, comment je vais faire maintenant ?"
Parmi les autres revendications, Tanguy Wera souligne :
Il y a une pièce de théâtre qui s'appelle "Kevin" et qui raconte qu'il y a une différence en termes d'apprentissage entre les élèves issus des classes les plus défavorisées et les élèves plus favorisés. Et il n'y a pas une seule des réformes qui sont mises en avant qui vont réduire ces inégalités. En tant que professeur ou qu'élève, on trouve cela fondamentalement injuste. Donc on se mobilise.
À travers ces 168 kilomètres à vélo et ces 18 étapes, c'est tout le secteur scolaire et éducatif qui se mobilise, de petite-enfance aux universités. En passant par les parents et les élèves, comme Julien Villerelle.
On a beaucoup entendu dire que ce sont les professeurs qui "lobotomisent" leurs élèves. Mais on est complètement indépendants. Et justement, ils nous ont bien formés, nous ont bien expliqué comment on doit s'informer, comment le monde a été construit, comment la politique fonctionne. Il ne faut pas imaginer que des gamins de 14, 15 ans sont complètement abrutis, qu'ils ne comprennent pas ce qu'il se passe. L'enjeu, il est pour nous et notre génération future. On a déjà subi des crises, comme le Covid, on sait que ces crises vont devenir de plus en plus importantes dans les années à venir. Mais derrière les coupes budgétaires, derrière ces décisions politiques, il y a toute une jeunesse qui a besoin réellement d'être formée, d'être éduquée, d'être entendue. Et elle n'est absolument pas entendue par la classe politique.
Pour que ces réclamations ne restent pas lettre morte, les facteurs à bicyclette déposeront tous les courriers reçus demain à 15h30 au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Sur le même sujet
Recommandations
Sambreville : manifestation d'enseignants contre le décret programme
Futsal : les dames de Dinant et les scolaires de Gedinne United à la fête pour les finales francophones
Les services de secours de Sambreville sont venus présenter leurs métiers à l'Ecole Communale de Bossière
Les élèves de l'Athénée Royale de Doische exposent leurs photos au Centre Culturel