À Couvin, la famille Balza vit dans une yourte depuis 2022, mais le logement "léger" est aujourd'hui en infraction. Entre recours judiciaires, crainte de démolition et flou réglementaire, la question de l’habitat léger s’impose dans la commune.
Une yourte comme maison
Cuisine, salle à manger, coin salon : la yourte de Ludovic Balza offre tout le confort d’une maison.
« On l’a voulu comme une cabane de chantier. Nous avions initialement prévu d’habiter en yourte pendant la durée des travaux. Nous avons introduit une demande de permis, d’abord pour la yourte, puis une demande conjointe pour la yourte et le projet de maison unifamiliale », explique Ludovic Balza.
« Après trois ans et demi, on s’y plaît vraiment, bien plus que ce que l’on pensait. Cela a remis en question notre projet de construction, que nous sommes encore en train de revoir. »
Une infraction selon la commune
Pour la commune, cette installation est problématique.
« À la base, c’est un permis d’urbanisme, une construction normalisée. Elle a été définie plus pour un logement provisoire pendant le chantier. Ce critère provisoire est devenu permanent, et cette zone est définie par un permis de lotissement qui empêche clairement la création d’habitat », précise Jean-Charles Delobbe, échevin de l’Urbanisme.
Des recours et des contradictions légales
La famille Balza a introduit un recours auprès de la Région wallonne. Ce n’est pas la première fois que Couvin se retrouve dans cette situation : trois dossiers similaires ont déjà été traités par la Région.
« L’habitat léger doit répondre à trois critères parmi neuf définis par le Code wallon, notamment la dimension, l’empreinte au sol ou l’autoconstruction. Mais cela entre parfois en contradiction avec le code, notamment le code de l’eau qui impose un raccordement aux impétrants », détaille Jean-Charles Delobbe.
Une décision attendue avec inquiétude
Le tribunal doit rendre sa décision fin mars. La famille Balza redoute un jugement défavorable.
« Si le jugement devait nous être défavorable, il faudrait remettre le terrain en l’état. On parlait même de démolition de la yourte. C’est vrai que c’est une situation qui fait un peu peur », confie Ludovic Balza.
Avantages et risques de l’habitat léger
La commune s’inquiète également de la prolifération de ce type d’habitat, avec le risque de voir apparaître des logements permanents précaires, comme certains anciens campings transformés en résidences gérées par des marchands de sommeil.
Pour autant, les autorités reconnaissent les avantages de ces installations.
« L’objectif de l’habitat léger est de permettre à tout le monde d’avoir accès au logement, avec un impact moindre sur le sol », souligne l’échevin.
Vers une législation plus claire
En attendant, la famille Balza croise les doigts et espère pouvoir conserver sa yourte, éventuellement pour un usage touristique futur. Une chose est sûre : avec la multiplication des projets d’habitat léger, une législation plus claire au niveau wallon paraît indispensable pour éviter les litiges et encadrer ces installations.
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