Nouvelle manifestation contre l'augmentation du minerval dans les études supérieures. Elle s'est déroulée cette fois-ci à Namur où une centaine d'étudiants se sont rassemblés. L'année prochaine, le plafond du minerval passera de 835 à 1194 euros.
Étudiants d'universités, de hautes écoles ou encore professeurs. Tous critiquent l'augmentation des frais d'inscription à venir pour 58 % des étudiants. Le minerval passera à l'avenir de 835 à 1194 €.
Lenaïk Dumont, responsable campagne pour la FEF - Fédération des étudiants francophones:
" Il y a plus de dix ans, on avait obtenu le gel du minerval avec la Fédération des étudiants francophones et les conseils étudiants. Ce plafond du minerval était limité à maximum 835 euros. Ce qui a été atteint par les universités et quelques établissements qui proposent des masters. Mais il y avait beaucoup d'établissements comme les écoles supérieures des arts et les hautes écoles qui proposaient des minervals de 300 - 400 euros. Et là, maintenant, la ministre veut s'en prendre au gel du minerval qu'on avait gagné en mettant un plafond de 1194 euros.Ça concernera pas seulement les universitaires mais aussi les étudiants des hautes écoles et les écoles supérieures des arts".
Des montants prohibitifs pour certains
"Augmenter le minerval, c'est toucher au droit de faire des études et c'est augmenter le risque d'échec", scandent ces manifestants.
"Plein d'étudiants ne pourront pas le payer et ça freine les études et l'éducation à plein de jeunes. Ils vont être obligés de prendre des jobs étudiants et du coup de moins se perfectionner pour leurs études parce qu'ils seront plus occupés à travailler pour payer leur minerval qu'à étudier". (Nora)
Dans le rassemblement, nous croisons Taran. Cet étudiant non-boursier est très inquiet pour son avenir:
"L'augmentation du minerval va faire que je n'aurai pas de quoi financer mes études. Aujourd'hui, j'accumule des tas de jobs étudiants déjà. Ils me servent à manger mais pour payer un logement, je n'ai rien, je n'aurai plus rien. Alors si on augmente le minerval à 1200 euros, je ne sais pas comment je vais faire dèjà que j'ai dû demander de l'argent à la mère de ma copine... Demander de l'aide à quelqu'un d'autre de ta famille, c'est quelque chose d'horrible à faire!"
Un combat pour l'accès aux études
Parmi les manifestants, il n'y avait pas que des étudiants. Anne Roekens, professeure d'histoire à l'UNamur:
"On est vraiment dans un mouvement de solidarité à l'égard de notre jeunesse, pas de notre université ou des universités, mais vraiment de l'enseignement supérieur qui doit rester accessible. Moi, je suis prof d'histoire et je sais que la démocratisation de l'enseignement, elle s'est jouée sur le long terme. Elle a été gagnée de haute lutte et donc c'est hyper important que nous la défendons encore aujourd'hui".
Signalons que 42 % des étudiants ne payeront pas le plafond de 1 194 €. Les boursiers, par exemple, qui représentent 22 % des étudiants, ne payeront rien. Les nouveaux frais d'inscription entreront en vigueur dès la rentrée 2026. Ils seront ensuite indexés chaque année, ce qui n'était plus le cas depuis 2011.
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