La Ville de Namur et Besix ont présenté la nouvelle mouture du projet du centre commercial. On le sait, exit les logements puisque le Conseil d'Etat les a annulés. Il s'agit désormais de se concentrer sur deux activités : le commerce et les bureaux.
Un projet remanié, une concertation toujours en question
Pour le collectif Ramur, opposé au projet depuis ses débuts, cette nouvelle mouture est une occasion manquée de rouvrir le dialogue avec les citoyens.
L'opinion citoyenne n'est à nouveau pas du tout prise en compte alors que justement, le problème actuel constituait une occasion supplémentaire d'entrouvrir la porte. Puisqu'on a moins de logements, on pouvait réduire le travail. Mais non, on préfère le reporter sur du bureau en plus. Et donc, il n'y a jamais eu depuis 2012 la moindre porte entr'ouverte, on se retrouve toujours confronté aux mêmes murs, déplore Marcel Guillaume, membre du Collectif Ramur.
Le collectif entend poursuivre le combat sur le terrain juridique et assure, de nombreuses options de recours restent ouvertes, avec des arguments solides.
Les commerçants namurois pas convaincus
Côté commerçants, les constats sont là et les arguments du promoteur n'ont pas convaincu Gauthier Salvateur, administrateur de l'Association des commerçants de Namur.
Ce qui se passe, c'est que les études sont claires. Depuis 2015, on a plus de 100 % de couverture du mètre carré commercial en Wallonie, en France et au Luxembourg aussi. Donc cette surproduction de mètres carrés fait que les parties les moins accessibles, comme les centres villes qui sont piétonnisés, sans bus qui rentrent dans le centre ville, en portent les conséquences.
L'abattage des arbres, cœur de la contestation
Côté verdure, le promoteur a bien tenté de convaincre le public, notamment quant à la nécessité d'abattre les arbres actuels, malades selon Besix. Un argument balayé par Marcel Guillaume.
Alors ça, c'est une joyeuse foutaise ! s'insurge Marcel Guillaume. Parce que les arbres qui ont été malades étaient des ormes. Ils ont été abattus. Ils étaient notamment attaqués par la graphiose. Ceux-là ont disparu. Mais c'est un faux problème, en fait. Parce que l'arbre, c'est un être vivant qui naît, qui grandit et puis qui meurt. Tous les arbres du parc sont condamnés à mort, comme le sont tous les êtres vivants. Ce qui est intéressant, c'est de pouvoir garder une canopée permanente. C'est à dire que lorsqu'un arbre disparaît, on le replante et on conserve le volume général. C'est ça qui est important. Les longs débats qu'on a sur l'état sanitaire des arbres, ils n'ont aucune raison d'être, pour moi.
Un attachement particulier aux arbres du square
Les arbres, c'est le cœur de la contestation depuis le début. Odile est riveraine du projet et elle assure pouvoir communiquer avec eux. Hors de question pour elle d'abattre des arbres du square.
Ils ne les abattront pas. Ah non, non, non, non, non, non, non ! Je ne peux pas l'imaginer. C'est pas possible !"
Elle nous explique comment elle ressent et communique avec les arbres du square Léopold.
Vous approchez un arbre. Vous allez sentir son écorce pour commencer. Vous allez voir, elle sera différente des autres. Chaque écorce sera différente et chacun arbre a son caractère. Vous avez des arbres qui sont hargneux, je vous assure. Vous avez des arbres qui sont très très doux, délicats. Vous en avez d'autres qui sont rigolos, taquins. Il y en a qui font des blagues.
Et maintenant ? Les Namurois ont une première fois la parole jusqu'à la mi-août
La réunion d'hier soir n'est qu'un début dans cette nouvelle procédure de permis. Les Namurois ont jusqu'à la mi-août pour remettre leurs remarques et questions avant l'étude d'incidence. Ils auront encore la parole lors de l'enquête publique en tant que telle, d'ici quelques mois.
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