Énième rebondissement dans la saga du projet de pôle multifonctionnel au Square Léopold : les 112 logements annoncés sont supprimés. Après la majorité la semaine dernière, place à l'opposition et aux associations citoyennes.
La nouvelle mouture du projet porté par Besix Red sur le Square Léopold ne prévoit plus aucun logement. À la place, 19 500 m² de bureaux — soit une surface presque doublée — et 13 000 m² de commerces, en concurrence directe avec les enseignes du centre-ville selon l'opposition. Pour Marion Hallet, conseillère communale Ecolo, ce changement de cap est inacceptable.
Supprimer les logements ici, pour le projet qui était prévu, change complètement la face du quartier. San logements, ça ne sera plus que des bureaux, donc 19500 m² de bureaux. Ce n'est plus un quartier, c'est une cité administrative. Il nous faut du logement pour la mixité de fonction. Ça veut dire un quartier qui est vivant, qui respire, où il y a des espaces arborés, des epsaces verts, des bureaux, des commerces, de l''horeca également. C'était cette mixité de fonction qui était très importante pour Ecolo et qui est maintenant complètement mise sous le tapis.
Ecolo réclame un projet entièrement revu, tout en assumant avoir participé aux premières négociations quand le parti était en majorité.
Aujourd'hui, on ne reproposerait pas la même chose. Aujourd'hui, nous sommes dans l'opposition. Aujourd'hui, si on supprime le logement, c'est encore pire que ce qu'Ecolo avait prévu à l'époque avec son compromis.
Au PS, même inquiétude, mais avec un angle supplémentaire : celui de la dynamique du quartier et de l'évolution des habitudes de consommation.
C'est ce qu'explique Eliane Tillieux, conseillère communale PS :
Il faut recréer de la vie dans ce quartier et éviter qu'il y ait un monobloc qui éteint les lumières à 18h. C'est véritablement le noeud de ce projet. Aujourd'hui, ce que veulent les citoyens namurois par rapport à leurs besoins et leurs attentes, c'est un quartier qui vit et un quartier où il y a du logement, et c'est précisément ce point qui bloque aujourd'hui. Parce qu'en plus, les habitudes de consommation évoluent avec l'e-commerce, etc. On ne peut plus penser le commerce comme il y a quinze ans.
Du côté des associations, Ramur se bat depuis 2012 à coup de recours pour préserver le parc et ses arbres centenaires, toujours menacés dans cette nouvelle version. L'association avait aussi soumis un contre-projet alternatif à Besix, et tenté en début d'année une démarche inédite : proposer au promoteur de céder son projet à d'autres, pour repartir sur de nouvelles bases. Sans succès. Marcel Guillaume, figure de proue de l'asbl Ramur, rappelle en quoi consistait le contre-projet :
Il faut rappeler que Ramur a introduit un contre-projet, une alternative, qui permettait du logement, du commerce et des bureaux. Il aurait suffi de réduire un petit peu la superficie et on aurait abouti à une solution qui contentait tout le monde. Mais quand il n'y a pas d'efforts dans la partie adverse, on va au clash à tous les coups.
Une réunion d'information publique est prévue le 2 juillet à la Bourse. Un nouveau round dans une saga qui dure depuis quinze ans.
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