Deux motions ont animé le dernier conseil communal avant l’été à Walcourt. Les élus se sont divisés sur les visites domiciliaires et la réforme de l’enseignement, tandis que plusieurs dossiers locaux ont été approuvés.
Le dernier conseil communal avant la pause estivale a été marqué par deux motions déposées par le conseiller Martin Fanuel (Ecolo). Les élus ont d'abord débattu d'un texte s'opposant au projet de loi fédéral autorisant les visites domiciliaires dans le cadre de la lutte contre le séjour illégal, avant d'examiner une seconde motion demandant l'abrogation du décret-programme n°2 de la Fédération Wallonie-Bruxelles relatif à la réforme de l'enseignement.
Concernant les visites domiciliaires, Martin Fanuel a plaidé pour que Walcourt réaffirme son statut de commune « hospitalière, responsable et accueillante ». Selon lui, ce projet de loi ouvre la porte à des atteintes aux droits fondamentaux et risque de fragiliser la cohésion sociale. Le débat a rapidement révélé des divergences, y compris au sein de la majorité. Xavier Dognies (MR-EC) a regretté qu'une question relevant du niveau fédéral soit portée devant le conseil communal, estimant qu'une telle motion n'aurait aucune incidence sur la décision finale. Son collègue Vincent Bedoret (MR-EC) a, pour sa part, défendu les visites domiciliaires, qu'il considère comme une mesure exceptionnelle, encadrée par un juge et réservée à des situations bien précises.
À l’inverse, la bourgmestre Christine Poulin (PS) a rappelé que les motions pouvaient légalement être déposées par les conseillers communaux. Elle a ensuite dénoncé un projet qu’elle juge contraire aux valeurs de solidarité défendues par la commune. Le texte a finalement été adopté par 11 voix pour, 10 contre et 2 abstentions.
La réforme de l’enseignement également au cœur des débats
Le conseil s'est ensuite penché sur la réforme de l'enseignement. Enseignant de profession, Martin Fanuel a dénoncé une série de mesures qu'il estime prises sans réelle concertation avec le terrain. Il a notamment évoqué l'alourdissement de la charge de travail des enseignants, la hausse du minerval dans l'enseignement supérieur et les changements apportés au tronc commun.
Du côté du MR-EC, plusieurs élus ont rappelé le contexte budgétaire difficile de la Fédération Wallonie-Bruxelles, jugeant les réformes nécessaires pour préserver la qualité de l'enseignement. Florian Lepinne (MR-EC) a toutefois choisi de s'abstenir. S'il reconnaît les inquiétudes exprimées par le secteur, il ne souhaitait pas pour autant soutenir l'ensemble de la motion.
La bourgmestre Christine Poulin a fait part de ses préoccupations pour les écoles communales, évoquant notamment la baisse annoncée des moyens, la disparition de la première différenciée et les conséquences pour les filières qualifiantes. La motion a été approuvée par 12 voix pour, 10 contre et 1 abstention.
Des finances communales au vert
En dehors de ces débats, plusieurs dossiers ont été adoptés à l'unanimité. Les comptes communaux 2025 présentent un résultat global positif de 2,82 millions d'euros, alors que le boni initial s'élevait à 543.698 euros. Si les dépenses ont augmenté sous l'effet de l'indexation des salaires et de la hausse des coûts de l'énergie, les recettes ont elles aussi progressé, portées notamment par les taxes, les subsides et l'utilisation de provisions.
Près de 13 millions d'euros ont par ailleurs été investis, principalement pour l'extension de l'hôtel de ville et l'aménagement du centre culturel. Les premières modifications budgétaires de 2026 ont également été approuvées. Elles concernent essentiellement des ajustements techniques, dont une révision des crédits consacrés au chauffage en fonction de l'évolution du prix du fioul.
Un nouveau conseil consultatif pour le bien-être animal
Le conseil communal a également approuvé la création d’un Conseil consultatif du bien-être animal. Cette nouvelle instance réunira jusqu’à 25 membres et aura pour mission de promouvoir le bien-être animal sur le territoire communal. Elle pourra sensibiliser la population, débattre des problématiques locales, proposer de nouveaux projets et remettre des avis aux autorités communales, sans disposer de pouvoir décisionnel. Un appel public à candidatures sera lancé prochainement afin de constituer ce conseil.
Une commission consultative après le débat sur les éoliennes
Autre nouveauté : la création d’une Commission consultative communale d’aménagement du territoire et de mobilité (CCATM). Une proposition portée par le conseiller Laurent Leclercq (Union), inspirée des échanges suscités par la récente réunion d’information sur le projet de parc éolien.
Selon lui, cette commission permettra de mieux préparer les grands dossiers d’aménagement du territoire, d’apporter des réponses plus complètes aux citoyens et d’apaiser des débats parfois marqués par l’émotion. Composée de douze membres, elle constituera un espace de dialogue entre habitants et autorités communales et favorisera la participation citoyenne dans les projets d’avenir de la commune.
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