Mimer un solo de guitare sans instrument, c'est tout le concept de ce championnat. Le Belvédère de Namur accueillait la première qualification. Une soirée festive, sans trop se prendre au sérieux.
Une musique, une minute, et surtout aucune guitare : c’est tout ce qu’il faut pour devenir air guitariste. Sur la scène, huit candidats se succèdent avec le but de s’amuser, mais aussi de décrocher une place pour la finale du championnat.
Du culot et de l’imagination
Parfois, la décision de participer se prend sans trop réfléchir. C’est le cas de Isabelle, alias La Blonde, qui s’est lancée sur scène :
J’ai fait ça sur un coup de tête, sans rien préparer. Je me suis éclatée !
Pour d’autres, la passion est bien ancrée, au point de traverser les frontières. Piers Burnell vient tout droit d’un village situé non loin de Londres. Il n’a pas hésité une seule seconde avant de faire le déplacement :
Monter dans la voiture, conduire, venir ici, dormir, se changer, jouer, dormir, conduire, rentrer à la maison. C'est l'amour ! L'amour de la guitare imaginaire et l'amour de la Belgique !
Un show avant tout
Dans la salle, le public est conquis. Mais derrière l’amusement, un jury observe attentivement chaque prestation. Plusieurs critères tels que la présence scénique, la créativité et la technique ont leur importance. Rien n’est laissé au hasard. Gloria, membre du jury, détaille :
J’ai envie de voir quelque chose de renversant, quelque chose que je n’ai encore jamais vu. J'ai un rêve, c’est beaucoup d’audaces, je le reconnais, mais j’aimerais voir plus de femmes, de queer, de personnes racisées sur les scènes de Air Guitar.
Une discipline qui date
L’Air Guitar n'est pourtant pas une mode récente. La discipline existe depuis une trentaine d’années. Son origine remonterait aux performances très expressives de Joe Cocker fin des années 60. Mais aujourd’hui, le Air Guitar défend un état d’esprit, comme l’explique Corentin Fermont, co-organisateur de l’événement :
Le message c’est “Make air, not war”. L’idée est que, si on tient tous une air guitare entre les mains, on n'aurait pas la possibilité de tenir une arme. Donc, grâce au Air Guitar, il n’y aurait plus de guerre dans le monde. Évidemment, c’est à prendre au 283e degré. Mais c’est avec cet humour qu’on essaie de changer les choses.
Après cette première étape namuroise, d'autres qualifications auront lieu un peu partout en Belgique. À la clé : une place en finale nationale, un voyage en Finlande… et le plus important, une vraie guitare !
Caroline Pluymers
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