Rémi Dammekens : la musique, les fugues et la liberté de créer Premier invité du plateau, Rémy est venu présenter son travail de fin d'études, réalisé dans le cadre de sa formation à l'IATA et sorti en 2024. Son documentaire est une plongée dans le rapport de sa famille à la musique, mais aussi dans des épisodes plus douloureux — notamment les fugues de son père.Le film aborde des sujets forts, et le spectateur pourrait s'attendre à un exercice cathartique, une quête de réponses. Pourtant, en rencontrant Rémy sur le plateau, on a compris que l'enjeu était ailleurs. Ce qui a guidé son travail, c'est avant tout une liberté artistique et créative qu'il a laissé s'exprimer pleinement dans la réalisation, davantage qu'une recherche de réponses concrètes aux questions que le film soulève.C'est un geste de création plus qu'une enquête. Rémy a transformé la matière familiale en élan artistique, sans chercher à tout résoudre.Rémy ne prévoit pas de poursuivre dans la formation à la réalisation de films à l'avenir. Il souhaite néanmoins recommencer à créer des films en s'entourant de personnes compétentes. Zlata Visait : la guerre en héritage, le journalisme en transmission Le second film présenté dans l'émission est celui de Zlata Visait, et il nous emmène sur un tout autre terrain : celui des guerres de Tchétchénie, qui ont jalonné l'histoire de sa famille. Sa mère, sa grand-mère, son arrière-grand-mère — toutes ont connu la guerre, et pour certaines, plusieurs guerres. Le documentaire recueille leurs témoignages sur la manière dont elles ont traversé ces périodes, des récits qui ont durablement marqué au fer rouge l'histoire familiale. Zlata, elle, est née en Belgique. Elle n'a pas connu la guerre. Mais cette mémoire transmise de génération en génération l'a dotée d'une hypersensibilité aux conflits internationaux — un sujet dont on a toujours parlé dans sa famille. L'éclatement de la guerre en Ukraine, physiquement proche des terres de ses aïeules et de la Belgique, a ravivé cette charge émotionnelle avec une intensité particulière.Étudiante en école de communication, Zlata se destine au journalisme. Et là aussi, la transmission opère : sa mère voulait déjà devenir journaliste et avait consacré son propre travail de fin d'études au vécu familial de la guerre. Les rêves, comme les traumatismes, se transmettent de génération en génération. Chez les Visait, la guerre a laissé des traces profondes, mais aussi la force d'en faire quelque chose — un objet éducatif, un récit partagé, une vocation.Une double transmission : celle du conflit, et celle de la volonté d'en témoigner. Deux films, deux histoires intimes portées à l'écran par de jeunes créateurs qui ont osé regarder leur propre famille en face. Storyboard confirme, une fois de plus, que les travaux de fin d'études peuvent être bien plus que des exercices académiques : de véritables œuvres, chargées de vie.