Le premier documentaire présenté s’intitule La Dernière Rencontre. Réalisé par Michel Blanpain, il nous emmène dans une carrière de Beauraing, à la découverte d’une famille de renards. À l’origine, le cinéaste s’était lancé un tout autre défi : observer et filmer le hibou grand-duc qui niche également dans ce site minéral. Mais la nature réserve parfois des surprises. « C’est finalement sur une famille de renards que je suis tombé. Une rencontre exceptionnelle, car ce sont des animaux extrêmement craintifs », explique-t-il.Le tournage s’est étalé sur cinq saisons, un travail de patience et de discrétion. Observer, attendre, revenir encore et encore. Loin des images spectaculaires obtenues en quelques jours, le documentaire s’est construit dans la durée.Parmi les anecdotes de tournage, Michel Blanpain confie avoir dû redoubler d’ingéniosité pour capter certaines scènes. « La renarde dormait presque toute la journée, alors qu’en général, lorsqu’elle a ses petits, elle est très active. Pour provoquer une réaction, je lançais parfois un petit caillou dans sa direction, simplement pour susciter un mouvement. » Un geste mesuré, sans mise en danger, pour capter une séquence de vie rare.Le résultat est un film sensible, immersif, qui témoigne de la richesse insoupçonnée de la faune locale. Changement d’atmosphère avec Le Retour, un film de fiction signé André Thérasse. Ici, pas de nature sauvage, mais une plongée dans l’intime.Le film raconte le retour d’un soldat auprès de sa femme, au moment précis où il quitte un terrain de conflit pour retrouver le quotidien ordinaire. Un instant charnière.André Thérasse, également président du CINAM, s’est attaché à rendre crédible cet état psychologique fragile. Le travail de mise en scène, les conseils donnés aux comédiens amateurs, le choix des cadrages et de la lumière : autant d’éléments qui participent à la justesse du récit.Le CINAM, une passion qui traverse les générationsFondé dans les années 40, le CINAM fait partie de ces associations qui ont accompagné l’évolution du cinéma amateur, de la pellicule aux caméras numériques. Mais comme beaucoup de structures historiques, le club fait aujourd’hui face à un défi : le renouvellement de ses membres.« Nous cherchons de nouvelles personnes, jeunes ou moins jeunes, passionnées par l’image, le montage ou simplement l’envie de raconter des histoires », souligne André Thérasse. 👉 Cliquez pour découvrir le site web du CINAM Ouvert aux débutants comme aux vidéastes plus expérimentés, le club se veut un lieu d’échange, d’apprentissage et de création collective.À travers ces deux œuvres, Story board rappelle que la créativité locale n’a rien à envier aux grandes productions. Qu’il s’agisse d’une renarde discrète dans une carrière de Beauraing ou d’un soldat en quête de repères, ces films démontrent qu’avec patience, sensibilité et passion, les histoires les plus fortes naissent parfois tout près de chez nous.