Le projet tient dans une pratique que le réalisateur a fait sienne : voyager en camping-car, s'arrêter dans les communes qui le séduisent, et poser la caméra le temps d'un petit documentaire de présentation. Simiane-la-Rotonde, cité médiévale accrochée au plateau d'Albion et connue pour sa rotonde du XIIᵉ siècle et ses champs de lavande, se prêtait naturellement à l'exercice. Dominique Vivier y déploie un regard de voyageur curieux, attaché à faire partager ses coups de cœur plutôt qu'à délivrer un reportage formaté.L'intéressé revendique d'ailleurs pleinement son statut : Simiane-la-Rotonde est un film amateur dans toute sa splendeur — un mot qu'il faut entendre dans son sens le plus noble, celui de l'étymologie latine amator, « celui qui aime ». Pas de prétention à la production professionnelle, pas d'habillage sophistiqué : une caméra, un regard, et la volonté de transmettre l'émotion éprouvée face à un lieu. Le film assume ses moyens, et c'est cette sincérité qui en fait le sel.Cette démarche s'inscrit dans une tradition bien vivante du documentaire de voyage personnel, que l'essor des caméras accessibles et des plateformes de partage a relancée ces dernières années. Dominique Vivier y apporte sa patte : un goût du détail patrimonial, une attention au rythme des saisons, et cette tendresse particulière qu'ont les voyageurs au long cours pour les villages qu'ils traversent.