Where Are My Emotions, de Maëlle Dubois, prend la forme d'une introspection filmée sur la santé mentale. La réalisatrice est allée à la rencontre d'une femme vivant avec un trouble bipolaire et d'un professeur de psychologie. L'un et l'autre tentent de mettre des mots sur les maux — ceux des personnes concernées par les troubles du spectre, la dépression, l'anxiété chronique ou la bipolarité. La singularité de ce travail de fin d'études tient à sa fonction pour son autrice elle-même : aborder frontalement un sujet aussi intime aura été, de son propre aveu, libérateur. Aujourd'hui, Maëlle Dubois s'est tournée vers la photographie. Changement total d'atmosphère avec Au bout du compte, d'Asch Defeche, qui entraîne le spectateur dans un univers de rêve éveillé. Très lumineuse, volontairement énigmatique, la création assume ses accents oniriques : les personnages semblent à la fois vrais et faux, les couleurs glissent vers l'étrange. La réalisatrice tenait à prouver qu'on peut tourner un film de fiction — y compris de science-fiction — avec à peine plus de trois euros en poche, pourvu qu'on ait de la créativité, de la débrouillardise, et une équipe prête à tenter l'expérience. Aujourd'hui éloignée du secteur audiovisuel, Asch Defeche n'a pourtant pas renoncé : elle nourrit le projet d'intégrer l'Iad. « C'est cette école ou aucune », confie-t-elle. Deux films, deux voies diamétralement opposées, mais une même exigence : faire de la contrainte — qu'elle soit psychique ou budgétaire — le moteur même de la création. Ce nouveau Story Board confirme la vocation de l'émission : donner la parole à celles et ceux qui, à Namur et au-delà, utilisent la caméra comme un outil d'émancipation.