Dans la région du Viroin, le carnaval est une tradition incontournable. À Vierves-sur-Viroin, les festivités ont débuté le jour de la Chandeleur, et se clôturent ce soir avec la mise à feu de Johan Simon, accusé d’avoir volé des terres au seigneur.
Des traditions dès l’aube
Alors que le cortège des masqués ne s’élancera qu’à 16 heures depuis la place du village, plusieurs groupes parcourent déjà les rues depuis le matin, perpétuant des coutumes ancestrales.
Parmi eux, les couples de D’jean et D’jène font du porte-à-porte pour récolter de quoi préparer le repas du soir.
Eh bien, ici, nous sommes les quatre "D’jean, D’jène". Ce sont quatre mendiants. On fait le tour du village et on demande, avec une petite prière en wallon, des œufs, du lard. Et si des gens n’ont rien, ils donnent un peu d’argent… Le plus, c’est de la goutte, ensuite des œufs… C’est avec ça qu’on va faire l’omelette ce soir.
— Pascal “D’jène”
Une omelette traditionnelle au lard, cuite dans du saindoux, destinée à nourrir les participants après une matinée bien arrosée.
Dans toutes les maisons, nous avons une petite goutte… Comme il n’y a qu’une cinquantaine de maisons, on boit 50 ou 60 gouttes. Et la bouteille sera pour les musiciens.
— Pascal “D’jène”
Les reloqueteurs à la recherche des jeunes filles
Plus loin, un autre groupe attire l’attention : les reloqueteurs, reconnaissables à leur allure et à leur odeur volontairement repoussante. Leur mission remonte, selon la tradition, au Moyen Âge.
Nous allons passer la matinée à chercher les jeunes filles du village pour les recouvrir de purin, les maquiller, leur faire manger du poisson cru… L’idée, c’est que le seigneur ne veuille pas exercer son droit de cuissage et les délaisse.
— Lucien "Reloqueteur"
Encore faut-il les trouver. Beaucoup se cachent pour échapper à ce rituel.
La recherche est un peu infructueuse… Elles sont dans les bois, dans les maisons, dans l’église peut-être. On va vérifier.
— Lucien "Reloqueteur"
Les reloqueteurs ont jusqu’à 13 heures pour accomplir leur mission avant de rejoindre les autres groupes.
Un droit de passage pour financer la fête
Impossible d’échapper également aux « pots », souvent les premiers à aller à la rencontre des visiteurs. Leur rôle renvoie directement aux taxes autrefois perçues par le seigneur : un droit de passage symbolique aujourd’hui réinterprété pour soutenir financièrement le carnaval.
On fait payer un droit de passage… Le carnaval remonte au Moyen-Âge, toute l’histoire tourne autour du seigneur. Aujourd’hui, cela sert à financer l’organisation, l’omelette ou encore les assurances. On demande une petite cocarde, normalement 2 €. »
— Mathias “Pot”
Point d’orgue : la condamnation de Johan Simon
La journée se poursuivra avec le cortège à 16 h, avant le moment le plus attendu : la condamnation et la mise à feu de Johan Simon à 20 h. Cette figure maléfique, accusée d’avoir volé des terres au seigneur, incarne le cœur des légendes locales. À Vierves-sur-Viroin, le carnaval n’est pas seulement une fête : c’est un patrimoine vivant, transmis de génération en génération, qui mobilise tout un village.
Article retranscrit avec l'appui d'outils d’intelligence artificielle (Transcript d'Adobe Premiere et ChatGPT 4.o) et vérifié par une journaliste.
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