Il y a dix ans, le Caméo rouvrait ses portes après une rénovation en profondeur. La Ville de Namur confiait alors la gestion du cinéma à l'ASBL "Les Grignoux". Dix ans après, quel bilan dresser de cet unique cinéma du centre-ville ?
Il y a dix ans, Olivier Calicis était de l'aventure lorsque le Caméo, géré par les Grignoux, a ouvert ses portes au public. Dix ans après, cet animateur dresse un bilan positif de son cinéma :
On a la chance d'avoir vraiment réussi à fédérer un public qui est, dans sa grande majorité, très fidèle. Et puis voilà, on avance. Film par film, programmation par programmation. On a toujours le plaisir de voir des petits bouts qui viennent voir leur premier film mais aussi les habitués qui viennent deux à trois fois par semaine.
Olivier se souvient de moments moins évidents. Il y a eu le Covid, un cauchemar pour le secteur culturel. Mais avant cela, il y a eu la fermeture de l'Eldorado dans le centre-ville, qui n'était pas une bonne nouvelle pour le Caméo :
La Ville de Namur, quand elle a décidé d'acheter le bâtiment et de confier la gestion aux Grignoux, avait la volonté de garder un cinéma en centre-ville. Elle a bien fait puisque, un an et demi après notre ouverture, l'Eldorado a fermé ses portes. Cela nous a vraiment un peu peiné parce qu'on avait des programmations qui étaient complémentaires. Et c'est important pour répondre aux goûts des différents publics.
"Demain", le plus gros carton du Caméo
La décennie du "nouveau Caméo" a vu défiler une pléthore de films. Celui qui a cartonné le plus est resté 20 semaines à l'affiche, se souviennent les anciens. Olivier Calicis :
Même au niveau belge, on a été le cinéma qui a fait le plus d'entrées sur le film "Demain", le film de Cyril Dion et de Mélanie Laurent. Ce film documentaire est un des premiers films aboutis sur différentes initiatives traitant du développement durable un peu partout dans le monde. Et le public a vraiment répondu. Cyril Dion aussi est venu deux ou trois fois ici pour défendre son film. Trois semaines après la dernière séance du film, il y avait encore des gens qui venaient nous demander pour le voir. Ce film a vraiment marqué notre histoire.
Quid de l'avenir ?
Quittons le passé pour se tourner vers le futur. L'avenir, comment les gestionnaires l'imaginent à l'heure où le septième art doit affronter la concurrence des plateformes ? Question que nous avons posée à la directrice de la programmation, Hélène Lambert :
Ça fait partie de l'ADN des Grignoux et du caméo de proposer des séances avec des présences d'équipes de films, des débats, des animations avec des membres du secteur associatif. Il faut continuer à proposer au public des choses qu'il ne trouvera pas sur les plateformes ou sur les écrans de cinéma à la maison. Notre atout est de faire vivre une expérience collective. On a aussi un volet pédagogique qui est très développé, qui s'appelle "écran large sur tableau noir". Et donc ça fait aussi partie de ces enjeux de parvenir à transformer ce public scolaire en un public qui continue à aller dans les salles une fois qu'il n'a plus l'obligation d'aller voir des films dans le cadre scolaire.
Aujourd'hui, le Caméo de Namur attire environ 165 000 spectateurs par an. Qu'en sera-t-il dans dix ans ? Verra-t-on encore des films sur grand écran ? Quand on voit que des films ne sortent même plus en salles, mais uniquement sur des plateformes...
Sur le même sujet
Recommandations
Thomas Docquir, de Stave, est le Wallon de l'année 2025
Ligne de vie: Isabelle Klein, doreuse à la feuille
Un collectionneur namurois ouvre ses placards : 1 000 œuvres d'art à prix coûtant
Ravages, une nouvelle maison d'édition consacrée à la poésie
Ravages, une nouvelle maison d'édition consacrée à la poésie