Depuis le début du mois de juillet, à peine une dizaine de millimètres de pluie sont tombés en Wallonie. Les prairies sont toutes roussies. Une sécheresse qui s'ajoute à la vague de chaleur persistante et qui commence à peser lourd sur les éleveurs.
Il ne pleut pas et les prairies ne produisent plus. Faute d'eau, l'herbe s'arrête de pousser et les éleveurs sont contraints de complémenter l'alimentation de leurs animaux et de puiser dans leurs réserves d'hiver, bien plus tôt que prévu. Pour Luc Tasiaux, éleveur à la ferme du Sacré-Cœur, la situation reste encore gérable grâce aux réserves constituées plus tôt dans la saison.
On a commencé à puiser dans les stocks d'hiver. Heureusement, les stocks d'herbe en première, deuxième voire troisième coupe étaient tôt et abondants. Donc pour l'instant, rien d'alarmant. Mais oui, on commence dans les stocks d'hiver.
Même les vaches qui pâturent, normalement autonomes à 100% à cette saison, auront besoin de compléments.
On va même complémenter les viandeuses qui sont dans les prairies alors que normalement, l'herbe leur suffit pleinement pour les animaux adultes. Mais là, il leur faut quelque chose en plus.
Ce qui inquiète le plus Luc, c'est le maïs, censé nourrir le bétail cet hiver.
Le plus problématique c'est le maïs. Le maïs, il est en pleine floraison. Pour remplir une carotte de maïs, il faut 20 mm d'eau. Là, on a eu quelques millimètres ce week-end, mais vraiment pas grand-chose. Et 50% du poids du maïs, ça provient de la carotte. Sans carotte, ce sera un maïs très pauvre en amidon, il n'y en aura même pas dedans.
Les vaches aussi souffrent de la chaleur et Luc a observé des choses qu'il n'avait jamais vues en plusieurs années d'élevage.
Avec les colliers, quand elles passent au robot, on a la température des vaches. Avant cette année, je ne savais pas qu'une vache pouvait monter si haut en température. Franchement, je n'avais jamais vu ça. Et donc, dès qu'on voit qu'il y a quelque chose, il faut être attentif et leur venir en secours le plus vite possible pour les soulager du mieux qu'on peut.
Il vérifie aussi que les vaches aient suffisamment d’eau mais malgré tous ses efforts, la production laitière en prendra inévitablement un coup. Et face à des sécheresses de plus en plus fréquentes, les éleveurs vont devoir repenser leurs pratiques en profondeur. Luc en est convaincu.
En agriculture, on s'est toujours adaptés. Là on n'aura pas le choix. Mais cette sécheresse a un enjeu particulier. Des sécheresses, on en a de plus en plus et qui se répètent de plus en plus souvent. Le réchauffement climatique, on ne peut pas le nier, il est là et et il faudra s'adapter, ça c'est sûr.
Un gros défi qui concerne l'ensemble du monde agricole wallon, et qui se répète, chaque été, un peu plus intensément.
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