"Qu'elle est belle ma prairie" : une agricultrice de Doische sélectionnée pour sa prairie d'exception

par

En Wallonie, le concours "Quelle est belle ma prairie !" met à l'honneur des agricultrices qui gèrent leurs prairies de manière exemplaire pour la biodiversité. Et parmi les huit lauréates : Anita Jomaux, agricultrice bio à Doische.

Dans la prairie d’Anita Jomaux, on peut trouver des fleurs sauvages, des papillons, des oiseaux, et des zones de refuge. Elle fait partie des huit prairies d’exception sélectionnées cette année par le concours organisé par Natagora, Natagriwal et la FUGEA. Une édition particulière puisque pour marquer l'Année internationale des agricultrices proclamée par l'ONU, le concours a choisi de récompenser uniquement des femmes. L’objectif de celui-ci est simple : mettre en évidence l’importance de la biodiversité dans nos prairies. L'agricultrice de Doische décrit simplement ce qu'elle y observe :

Ça pousse bien. Il y a un peu tout : il y a beaucoup de papillons, des libellules.

Mais qu'est-ce qui fait d'une prairie une prairie d'exception ? Enora Flamion, assistante de projet de gestion agricole des réserves naturelles chez Natagora, détaille les trois critères sur lesquels s'appuie le jury :

Le premier critère, c'est qu'on va regarder, à l'échelle de la ferme, quelles sont les pratiques qui sont mises en place. Est-ce qu'elles sont durables ? Est-ce qu'on a un système qui fonctionne bien dans l'ensemble ? Le deuxième critère, c'est la valorisation de la prairie. Dans le système de l'exploitation, est-ce que la prairie va être bien utilisée en tant que fauche ou pâturage pour nourrir les bêtes ? Et le dernier critère, c'est vraiment un critère de biodiversité, de diversité dans la prairie, tant au point de vue floristique que faunistique.

La prairie d'Anita coche toutes ces cases grâce à une gestion dite extensive : peu d'interventions, pas d'engrais chimiques et une fauche retardée après le premier juillet. Des pratiques qui lui permettent d'obtenir une haute valeur biologique. L'agricultrice explique les contraintes que cela implique :

La haute valeur biologique… il y a pas mal de critères. Vous ne pouvez pas entrer dans les morceaux de telle date à telle date, pas d'amendement chimique, et amendement naturel autorisé tous les trois ans.

Enora Flamion précise pourquoi cette gestion fait toute la différence :

C'est une prairie qui a été fauchée tardivement après le premier juillet ce qui permet aux plantes de terminer leur cycle de reproduction et de produire leurs graines. On va donc avoir une prairie qui va être très fleurie, qui va être bien diversifiée, qui est aussi une zone de refuge pour la biodiversité, comme les insectes ou les oiseaux notamment. C'est à ce titre que ça peut être considéré comme une prairie d'exception.

Ce mode de gestion implique toutefois moins de rendement et certaines contraintes. Mais Anita Jomaux a fait ce choix :

Les coûts, c'est vrai, ils sont moindre mais on a moins de récoltes aussi. C'est un choix d'amendement, et de façon de faire. Soit vous êtes dans l'intensif, soit vous êtes dans l’extensif, ça dépend un peu.

Un choix qui mérite d'être encouragé, d'autant que de nombreuses exploitations privilégient aujourd'hui d'autres cultures, au détriment de certaines prairies permanentes. Enora Flamion pointe cette tendance :

C'est vrai que les pratiques agricoles changent. Les agriculteurs vont peut être se diriger plutôt vers du maïs ensilage ou des choses comme ça, et c'est vrai que les prairies permanentes ont tendance à diminuer légèrement.

Ce concours, qui en est à sa 12e édition, veut montrer que production agricole et biodiversité peuvent aller de pair. Les prix seront remis le 25 juillet à la Foire de Libramont. 

 


Sur le même sujet

Recommandations

Image
Mondiaux d'équitation : Lara de Liedekerke ambitieuse, à l'image des Red Musketeers

Mondiaux d'équitation : Lara de Liedekerke ambitieuse, à l'image des Red Musketeers

Les Mondiaux d'équitation d'Aix-la-Chapelle ont débuté ce matin. Ils se tiendront du 11 au 23 août. La Belgique déplace une délégation ambitieuse, ses "Red Musketeers". La Gesvoise Lara de Liedekerke fait partie des favorites sur le concours complet.
Image
Viroinval : Champ libre, un tiers-lieu tourné vers l'avenir

Viroinval : Champ libre, un tiers-lieu tourné vers l'avenir

Faire émerger les projets de demain : c’est l’ambition de Champ Libre à Olloy-sur-Viroin. Le tiers-lieu reçoit une aide de 5.000 euros de la Fondation Roi Baudouin pour renforcer ses activités autour du partage et de la transition écologique.
Image
Sécheresse : les éleveurs contraints de puiser dans leurs réserves d'hiver

Sécheresse : les éleveurs contraints de puiser dans leurs réserves d'hiver

Depuis le début du mois de juillet, à peine une dizaine de millimètres de pluie sont tombés en Wallonie. Les prairies sont toutes roussies. Une sécheresse qui s'ajoute à la vague de chaleur persistante et qui commence à peser lourd sur les éleveurs.
Image
Les braises crépitent pour le grand final de la saison dans Juste le goût.

Juste le goût

L'été est synonyme de convivialité et de grillades !
Image
Chaleur et moissons : les agriculteurs-entrepreneurs redoublent de vigilance

Chaleur et moissons : les agriculteurs-entrepreneurs redoublent de vigilance

En pleine période de moisson, les températures élevées et le manque de pluie augmentent les risques de départs de feu. Les agriculteurs-entrepreneurs doivent prendre des mesures pour protéger leurs cultures et leur matériel.
Image
Arville - Lara De Liedekerke, prête et ambitieuse pour les Mondiaux d'Aix

Arville - Lara De Liedekerke, prête et ambitieuse pour les Mondiaux d'Aix

Ce week-end, Arville accueillait l'élite mondiale du concours complet. En 20 ans, le concours est devenu une référence en conservant son esprit familial. Après un excellent résultat aux Pays-Bas, Lara de Liedekerke voulait confirmer à domicile avant Aix.
Image
Wallonie en Fleurs : Andenne défend son label « trois fleurs », la plus haute distinction

Wallonie en Fleurs : Andenne défend son label « trois fleurs », la plus haute distinction

Titrée « 3 fleurs », Andenne remet son titre en jeu dans le cadre du label « Wallonie en Fleurs ». Le jury a sillonné le territoire pour évaluer les efforts de la commune en matière de fleurissement, de biodiversité et de végétalisation durable.
Image
La première école d'agriculture bio ouvre à Upigny

La première école d'agriculture bio ouvre à Upigny

Face au changement climatique, l'agriculture biologique apparaît comme une solution clé. Mais il est nécessaire de former les nouveaux talents qui rendront notre système alimentaire résilient et innovant. C'est l'objectif de cette école.
Image
Journées Fermes Ouvertes : Découverte de la Ferme du Pont des Dames

Journées Fermes Ouvertes : Découverte de la Ferme du Pont des Dames

Le week-end du 27 et 28 juin, les fermes agricoles de Wallonie ouvrent leurs portes au grand public dans le cadre des Journées Fermes Ouvertes. Mireille et Albert nous font découvrir leur petite ferme d'élevage et de produits laitiers.
Image
Inondations: quelles solutions dans nos champs?

Inondations: quelles solutions dans nos champs?

Les surfaces agricoles sont souvent pointées du doigt lorsque l'eau fait des dégâts. Comment diminuer l'érosion et le ruissellement en cas de fortes intempéries? À Vedrin, un agriculteur a planté arbres et arbustes pour atténuer ces phénomènes.
Image
Juste le goût - LES FRAISES Le goût de l’été

Juste le goût - LES FRAISES Le goût de l’été

Dans ce nouvel épisode de Juste le Goût, Corine Buron et le chef Maxime Bodart partent à la rencontre de la Ferme du Sacré Cœur pour découvrir l’univers de la fraise et participer à la cueillette aux côtés du producteur.
Image
À la découverte des asperges de printemps avec Juste le goût

À la découverte des asperges de printemps avec Juste le goût

Dans ce troisième épisode de Juste le goût, Corine Buron part à la découverte d’un incontournable du printemps, l’asperge.
Image

Juste le goût – Épisode 02 : Les œufs

Dans ce nouveau numéro, nous partons à la rencontre de Nicolas, éleveur passionné qui a fait le choix de poulaillers mobiles pour ses poules.
Image
L'expresso de ce mardi

L'expresso de ce mardi

Au menu de l'expresso ce mardi: contrôles routiers dans toute la province, concours nature, un autre concours plutôt particulier, et un concert à Sambreville
Image
Quel espoir donner aux repreneurs des fermes wallonnes ?

Quel espoir donner aux repreneurs des fermes wallonnes ?

Le secteur de l'agriculture est de plus en plus sous pression. Accords internationaux, réglementations, concurrence et marchés tendus, le métier a fondamentalement changé en quelques années. Compliqué, pour les repreneurs, de se projeter vers l'avenir.