Cet ouvrage nous plonge au coeur d'un village rural du Namurois et nous raconte la vie de ses habitants entre le 13 ème et le 19ème siècle.
Situé sur les hauteurs de la Meuse, à environ dix kilomètres de Namur, Wartet est surtout connu pour son très beau château ferme et sa tour qui est en réalité le donjon primitif autour duquel va se développer le village.
Laurent Aidans, auteur de "La seigneurie de Wartet" :
L'avantage du village est qu'il est en hauteur. L'endroit où nous nous trouvons s'appelle réellement la crête militaire, c'est à dire que c'est un point haut et du donjon, on pouvait observer les ennemis venant un peu de partout. C'était donc une tour de garde. Le mot Wartet vient d'ailleurs un peu de là puisque cela signifiait petit tour de garde. Ou encore on aurait pu le traduire par petit marécage.
Donc c'est vraiment une terre qui avait d'abord la vocation de la protection, bien sûr de l'abbaye, parce qu'il ne faut pas l'oublier, mais aussi du comté de Namur.
La Wallonie était au Moyen âge un véritable puzzle de centaines de seigneuries comme celle de Wartet, où le Seigneur avait tout pouvoir.
Une seigneurie, c'est avant tout une possession privée d'un seigneur. Il y reçoit les droits de justice de haute basse et moyenne justice. C'est un peu difficile à imaginer aujourd'hui, mais il est également propriétaire des personnes qui y habitent. Dans les faits, ça va lui permettre de collecter des impôts. Mais qu'il devait lui même payer aussi à la mairie de Namur et de s'assurer toute une possession. Donc il avait la possession des biens et des personnes, c'est ça, en fait la seigneurie hautaine.
Le village de Wartet a conservé bon nombre de vestiges de son passé. La ferme château bien sûr, mais aussi la Ferme des Dames qui était une possession de l'abbaye de Marche Les Dames. Entre les deux se situent la chapelle Sainte Apolline et un vieux cimetière abandonné.
Nous nous trouvons au cimetière qui se situe derrière la chapelle seigneuriale où étaient enterrés les seigneurs. Sa particularité, c'est qu'il montre vraiment la hiérarchie sociale de l'époque et en particulier de la fin du XVIIIᵉ siècle. Donc nous sommes là vers les années 1780-1820 où les personnes qui y sont enterrées étaient échevins par exemple, étaient maïeurs de la cour seigneuriale. Mais on y trouve aussi des fermiers, bref, les notables du village. C'est vraiment l'incarnation de la hiérarchie sociale du village.
Le livre de Laurent Aidans nous plonge aussi dans la vie quotidienne des habitants de Wartet pendant l'Ancien Régime. Une vie rythmée par des tâches comme par exemple la cuisson du pain qui se faisait de façon collective dans un four commun.
Ici, nous sommes dans le quartier de Bruyère fleurie, c'est un des quatre quartiers qui composaient originellement le village. Et dans chacun de ces quartiers, on trouvait un ancien four, ici un four à pain qui a été mis à disposition des villageois par le seigneur pour qu'ils viennent y faire cuire le pain et autres aliments rôtis.
C'est un élément assez rare qui est bien conservé ?
Oui c'est un élément assez rare, assez bien conservé, parce qu'ici il date certainement du milieu du XVIIIᵉ siècle et il témoigne surtout de la vie communautaire qu'il y avait au sein du village et au sein de ces quartiers.
Pour en savoir davantage, le livre "La seigneurie de Wartet" est édité par les éditions namuroises et est disponible au prix de 28 €.
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