En trois ans, l'Espace Dignité Dames est devenu un refuge pour les femmes sans abris, en leur offrant la possibilité de se nourrir, se laver, faire des lessives mais aussi créer des liens. Un havre de paix qui est menacé par des difficultés financières.
C'est dans une ambiance décontractée qu'elles mettent les mains à la pâte. Parmi la vingtaine de femmes qui fréquentent l'Espace Dignité Dames chaque jour, il y a Mireille Bouillon.
C'est un pas sur le seuil qui est ouvert aux dames qui sont dans la rue et aussi aux personnes isolées et aux mamans solo. C'est un espace convivial où chacune entre chez elle, où chacune arrive ici telle qu'elle est, avec son bagage. Mais une fois que le baluchon a été déposé, on essaye de s'organiser entre nous et donc le respect est important. Le respect entre nous, le respect de soi, le respect des autres.
Ce lieu, créé en 2023, est donc un vrai espace de solidarité et de création de liens, unique en son genre. Robert Bourgeois est le président de l'asbl Educ'Actions et Dignité, à la tête de la structure.
Le public féminin ne représente qu'un tiers de la population qui vit dans la rue. Et donc, tout à fait naturellement, on a offert des choses qui étaient spécifiquement dédiées à des hommes. La mixité, c'est bien, mais il y a des besoins tout à fait spécifiques aux dames. Et ici, malheureusement, c'est l'unique service qui existe en Région wallonne.
Un service qui bénéficie d'un subside de la région, mais qui ne suffit plus. Un appel à l'aide est donc lancé. Il est relayé par une bénévole, Claire Colette.
L'Association répond aux besoins de base : manger, boire, s'habiller, se laver. S'il n'y a plus d'associations, c'est une véritable catastrophe. Moi j'appelle ça une non-assistance à personne en danger. Et je pèse mes mots. Il n'y a pas aucune réponse structurelle de la part des pouvoirs publics. Or les pouvoirs publics sont obligés, sont tenus moralement, de répondre à ces besoins de base.
Mais dans l'attente d'aides structurelles, l'asbl compte aussi sur les citoyens et recherche 50 000 euros. Le président, Robert Bourgeois explique :
Avec 50.000€ on peut déjà gagner du temps. On peut continuer à travailler avec les trois éducatrices qui sont là. Et puis alors, il y a une fondation, à côté, qu'on essaie de développer pour pouvoir trouver les moyens et pérenniser à plus long terme. Nous appelons de nos vœux au fait qu'un réseau se mette en place, peut-être avec d'autres associations qui existent déjà.
Sans soutien complémentaire, certaines activités pourraient être suspendue dès l'hiver, une période évidemment redoutée. Citoyens, entreprises, mécènes et pouvoirs publics sont donc encouragés à agir au plus vite.
Sur le même sujet
Recommandations
« Été solidaire » : 11 jeunes au service du bien-être de la collectivité à Philippeville
Exposition : Joseph et les Dalton à la galerie du Beffroi
Les Solidarités 2026 : nouveautés, programmation et retour annoncé à la Citadelle en 2028
Roller Derby : Les 12 meilleures équipes européennes se sont affrontées à Tabora