Avec une 3e vague de chaleur la semaine dernière et quasiment pas de pluie depuis juin, la sécheresse exceptionnelle de cet été s'invite aussi dans les vignes wallonnes. À Marche-les-Dames, au Domaine du Dièdre Noir, les vendanges s'annoncent précoces.
Dans les vignes de Marche-les-Dames, le manque d’eau se voit. Les feuilles pâlissent, et les grappes restent petites, mais l'état sanitaire est lui impeccable. Quasi pas de maladie cette année : la sécheresse a au moins cet avantage. Lucas Dohy, vigneron au Domain du Dièdre Noir, nous décrit l'état de ses vignes :
On peut observer que le palissage est un peu plus pâle. Les vignes ont un bon stress hydrique. On peut aussi observer une belle hétérogénéité dans l'ensemble du vignoble suite aux différents épisodes de gel et au manque d'eau tout au long de la saison.
La chaleur et l’ensoleillement favorisent les taux de sucre dans les raisins. Mais cette année, Lucas Dohy explique que c’est un peu trop rapide…
C'est toujours une bonne nouvelle, la chaleur. Après, ici, c'est un peu trop fort et du coup les taux d'alcool probable vont augmenter très vite et je pense que la maturité ne va pas suivre. Et donc c'est vrai qu'on va avoir du mal à déterminer la bonne date de vendange.
En Champagne, les vendanges ont déjà commencé début août, du jamais vu. Et chez nous, dans ce jeune domaine, les vendanges pourraient aussi débuter un mois plus tôt que les années précédentes.
Cette année, on pense qu'on va vendanger le tout premier week-end de septembre et si ça continue avec des températures comme ça, ce sera peut-être même fin août. Mais voilà, c'est toujours la question de ce qu'on recherche dans le vin parce que même si l'alcool est là, il faut garder une bonne acidité et une bonne maturité pour avoir quelque chose de fin et d'agréable en bouche.
Et cette sécheresse pourrait aussi peser sur les volumes. Le vigneron montre que les grappes sont petites, et avec moins d’eau dans les raisons.
On ne va pas se cacher qu'il n'y a pas beaucoup de grappes. On a des petites grappes et c'est sûr que pour nous, la maturité a du mal à se faire.
Et pour savoir quand récolter, il ne se fie pas uniquement au calendrier :
On va prendre des échantillons de différentes grappes à différents endroits. On fait des mini presses et on va analyser tout ce qui est acidité, Ph, taux d'alcool, les acides maliques et on va tirer des tendances d'évolution. L'acidité va baisser avec le temps et l'alcool va monter avec le temps et on essaye, en fonction de ce qu'on veut obtenir dans le mou, de bien croiser ces tendances, ces courbes pour déterminer une date.
Reste enfin la grande inconnue : l’eau. Les vignerons espèrent quelques épisodes de pluie, suffisamment importants pour faire gonfler les raisins, sans compromettre leur qualité.
Si on peut avoir deux ou trois épisodes de 15-20 mm, ce serait l'idéal ici au mois d'août. Ça ferait gonfler un peu les raisins, ça aiderait la plante pour les maturités et ça remettrait un peu plus d'équilibre dans le vin.
Et justement, il a finalement plu cette semaine. Une pluie bienvenue pour les vignes, mais qui ne permet pas encore de tirer de conclusions sur le millésime 2026 qu’on ne découvrira qu’une fois en bouteille. Pour les vignerons, les prochaines semaines resteront donc décisives.
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