Le Musée s'est associé à la Société Archéologique de Namur pour proposer une sélection d'oeuvres de peintres namurois du 18ème siècle. Avec, en point d'orgue, un carnet inédit d'esquisses qui vient de revenir à Namur après avoir été acquis à Paris.
C'est dans ce superbe hôtel particulier du XVIIIᵉ siècle qui abrite le Musée des Arts Décoratifs de Namur, que le public est invité à une découverte très intéressante concernant l'histoire de la peinture namuroise. Pour la première fois est en effet dévoilé un objet rarissime, un carnet de dessin du XVIIIᵉ siècle ayant appartenu à François de Bouge, un peintre namurois paysagiste.
Ce carnet a été acheté récemment par la Fondation Roi Baudouin et mis en dépôt à la Société archéologique de Namur.
Aurore Carlier, conservatrice des collections à La Société Archéologique de Namur :
On voit des paysages splendides qui sont réalisés à la plume. Ce sont des lavis d'encre pour l'essentiel, avec des rehauts à la craie blanche ou des rehauts à la sanguine légèrement orangés. Certains détails sont précisés à la plume donc ce sont des dessins de toute toute grande qualité qui représentent des paysages idéaux. On est vraiment dans des paysages très très romantiques avec des vues de ruines qui répondent véritablement à l'esthétique en vigueur à l'époque.
Un autre carnet d'esquisses est également présenté pour la première fois, celui d'un autre peintre namurois de la fin 17ᵉ/ début 18ᵉ, Jean-Baptiste Juppin, qui, comme beaucoup d'artistes de cette époque, a fait un voyage initiatique en Italie.
Aurore Carlier :
Et ce carnet est un carnet tout à fait intime parce qu'il suit en fait le peintre dans ses pérégrinations en Italie. Et donc dans ce carnet, on va voir des sculptures, des détails de paysages, des éléments, du décor et des architectures antiques. Et donc c'est vraiment tout ce que le peintre a apprécié de voir. Et donc c'est très proche du travail de l'artiste.
Et le Musée des Arts décoratifs a profité de l'occasion pour mettre en valeur les œuvres de Juppin qui sont en sa possession. Ce peintre de paysage, figure incontournable de l'école mosane, a réussi la synthèse entre l'art du paysage flamand et l'influence classique italienne.
Fabrice Giot, conservateur du Musée des Arts Décoratifs, précise :
Cette façon de construire un paysage qui est un peu le jardin d'Éden a quelque chose d' idyllique, de sublime, qu'on va retrouver aussi dans les peintres français comme Poussin par exemple, avec des petites scènes à l'antique, on voit des personnages de la mythologie antique, donc de la renaissance italienne. Et donc ils fusionnent les deux, cette influence du paysage et du magnifique paysage flamand avec l'influence stylistique italienne. Et c'est ça qui est très, très intéressant. Et alors aussi, on est au XVIIᵉ siècle, c'est l'époque baroque et le baroque, c'est aussi le clair obscur. On joue beaucoup sur l'obscurité. Peindre l'obscurité, ça a l'air d'être quelque chose d'un peu étonnant. On dit le noir, c'est pas de la couleur, mais là, il faut arriver à trouver le juste milieu entre l'aurore ou le coucher du soleil.
Et puis il y a un petit jeu ludique de deviner les personnages et comprendre petit à petit les scènes en poussant le spectateur à aller voir. Donc on a un paysage et puis on se rapproche, on observe et là des détails apparaissent.
C'est invitation à la promenade dans les paysages de peintres namurois vous est offerte jusqu'au 30 août au Musée des Arts décoratifs à Namur.
https://www.namur.be/fr/agenda/de-lesquisse-au-reve
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