C'est une oeuvre namuroise majeure qui a définitivement quitté le TreM.a ou Musée Provincial des Arts Anciens du Namurois, pour rejoindre le Musée de la Tour d'Anhaive à Jambes.
Ce déménagement s'inscrit dans une vaste réorganisation des collections de la Société Archéologique de Namur, qui va retirer toutes ses oeuvres du TreMa, c'est à dire 90 % des oeuvres exposées dans ce musée.
Emballée et protégée comme il se doit, la sculpture en pierre a quitté sous bonne garde le Musée Provincial des Arts Anciens, rue de Fer. L'oeuvre y était exposée depuis 1964, date de l'ouverture du musée, un musée principalement constitué des œuvres appartenant à la Société archéologique de Namur. On sait que le litige* qui oppose la Société Archéologique et le Musée Provincial aura pour conséquence que dès le 16 novembre prochain, presque toutes les œuvres exposées au TréM.a seront retirées et redirigées vers d'autres institutions.
Le déménagement de cette première œuvre était en quelque sorte une répétition générale. Le précieux colis a donc pris la direction du Musée de la Tour d'Anhaive, à un peu plus de deux kilomètres de distance. Un transfert réalisé non sans peine au vu du poids de cette œuvre, environ 150 kilos.
Fiona Delbecque, conservatrice à la Société Archéologique de Namur :
Son plus gros défaut, c'est son poids. Donc il va falloir des hommes qui sont capables de la porter, ne pas la laisser tomber puisque la pierre reste fragile. Mais sinon, en dehors de ça, eh bien elle n'a pas besoin d'un conditionnement spécifique, contrairement à d'autres matériaux comme le bois ou l'orfèvrerie par exemple.
Une fois déballée, l'œuvre nous révèle une figure mystérieuse: un buste, une tête tranchée et une devise vengeresse : "Une heur viendra quy tout paiera". L'homme représenté est vêtu d'une cuirasse et porte sa tête décharnée. Il s'agit d'un chevalier, mais son histoire reste énigmatique et trois hypothèses sont avancées : un chevalier décapité car auteur d'une trahison envers son seigneur, un chevalier victime de la répression contre les protestants ou un chevalier tué dans d'autres circonstances avec une promesse de vengeance.
Mathilde Rivière, conservatrice du Musée de la Tour d'Anhaive :
Et ce serait la bien aimée de ce chevalier qui aurait donc fait ériger ce monument pour le venger. D'où l'inscription,"Une heur viendra quy tout paiera ". Elle s'engage à venger la mort de son amoureux. Et puis le "N" et le "P" entrelacés expliqueraient leurs deux initiales réunies sur le monument.
D'ici quelques semaines, d'autres œuvres médiévales provenant du TréM.a rejoindront le Musée de la Tour d'Anhaive tandis que le reste des collections ira vers la Maison du Patrimoine Mosan à Bouvignes ou vers les réserves des Archives de l'État à Namur. La Société Archéologique parle d'un redéploiement réfléchi de ses collections vers d'autres publics, en regrettant néanmoins la cessation du partenariat avec le TréM.a.
Dominique Allard, président de la Société Archéologique de Namur :
Vous savez que la Province, à plusieurs reprises, a manifesté, je le regrette, une sorte de désintérêt pour la culture dans le cadre d'une réforme plus globale. On verra ce que ça donnera. Les ponts ne sont pas coupés. Mais il faudra reconstruire.
En attendant, vous pourrez admirer le Chevalier sans tête dès le week end prochain à Jambes, à l'occasion des Journées du Patrimoine.
- voir notre article précédent : https://www.bouke.media/info/le-trema-musee-des-arts-anciens-bientot-vide-de-ses-collections/20064
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