La Foire de Namur a démarré le 3 juillet dernier, et pour cette 117e édition, plus de 60 métiers forains sont présents tout le mois dans le quartier des Casernes. Certaines familles de forains font même partie du décor depuis plusieurs générations.
Parmi les dizaines de familles foraines présentes à Namur ce mois-ci, certaines sont là depuis si longtemps qu'elles font presque partie des meubles. C’est le cas des auto-tamponneuses, tenues par Geneviève Besanger, troisième génération d'une famille foraine :
Ça remonte à avant la Deuxième Guerre mondiale, dans les années 1934-1935, et peut-être même avant. Moi je suis la 3e génération qui voyage avec l'auto-scooter, mais mes grands-parents et arrière-grands-parents du côté de ma grand-mère était déjà sur les fêtes foraines.
C’est donc une véritable affaire de famille et celle-ci restent très attachée à la Foire de Namur.
Elle fait partie de notre tournée. Ce sont nos grands-parents qui, au fil des années, ont commencé à se faire une tournée. J'ai repris le métier de mon papa et la Foire de Namur en faisait déjà partie. On est très contents d'y revenir chaque année.
Encore plus ancienne, la famille Mastrovalerio est elle aussi présente sur la foire depuis un paquet d’années. À la tête de la pêche aux canards Bambino, Anthony Mastrovalerio évoque une tradition familiale centenaire :
Nous venons sur la foire de Namur depuis au moins 100 ans. C'est une histoire de famille et une des plus anciennes familles aussi.
Ces familles ont d’ailleurs vu la foire évoluer et se déplacer. Longtemps installée du côté de la gare, elle a migré il y a une soixantaine d'années dans le quartier des Casernes. Geneviève Besanger raconte :
J’ai connu ce changement dans les bâtiments autour. Par contre l’emplacement, ça fait des années que nous sommes le long de l’école Henri Maus.
Et pour cause : l'emplacement de chaque métier - c'est ainsi qu'on appelle chaque attraction foraine - est primordial. Les habitués savent exactement où retrouver leurs stands préférés d'une année à l'autre. C’est ce qui fait tourner le commerce et cette fidélité du public est aussi l'une des forces de la Foire de Namur. Pour Anthony Mastrovalerio, cet attachement est réciproque :
C'est une foire qui nous plaît beaucoup, qui nous tient à cœur, parce qu'on a connu ça depuis toujours.
Ma cliente la plus âgée, c'était ici à Namur. Elle avait 93 ans et c'était sa fille qui lui offrait une pêche aux canards pour son anniversaire.
Derrière le divertissement, le métier est aussi de plus en plus difficile avec le coût des emplacements en hausse, le pouvoir d'achat en baisse, ou encore une météo parfois capricieuse. Un héritage précieux pourtant reconnu par l'Unesco, qui a classé la culture foraine au patrimoine culturel immatériel de l'humanité en 2024.
La Foire de Namur, elle, est à découvrir jusqu'au 27 juillet 2026.
Sur le même sujet
Recommandations
Philippeville : des ateliers créatifs pour préparer la Grande fête de Noël solidaire
Le second festival du crochet et du tricot organisé à Namur
Wallos : des quartiers moins subsidiés, prêts à se réinventer