Présentée à la galerie du Beffroi à Namur, l'exposition Joseph & les Dalton rassemble des dessins collectifs nés de rencontres entre Joseph, un enfant de 10 ans, sa famille et des personnes détenues à la prison de Namur. À découvrir jusqu'au 9 août.
Au coeur de cette exposition, des oeuvres, mais aussi des enregistrements audio que l'on peut entendre dans la galerie, dont la voix de Joseph :
Je m'appelle Joseph Thomassin. Je suis né en Bulgarie. À un an et demi, ma maman est venue me chercher. Aujourd'hui, j'ai 10 ans !
Sourd et atteint de troubles du langage, Joseph a été adopté en France, mais c'est à Namur qu'il a élu domicile afin de pouvoir intégrer le projet de l'école Sainte-Marie. Reparti en France pour l'été avec Mathilde, sa maman, c'est donc à travers son œuvre que nous allons apprendre à le connaître.
On fait un dessin en noir, moi je commence un grand animal, je dessine un loup. Après, les gens colorient. C'est 15 minutes, ma maman, elle dit après 15 minutes, on tourne ! On fait un dessin, on tourne, on fait un dessin, on tourne, on dessine. Après, c’est tout fini, ma maman prend une photo, voilà, bisous !
Et voilà l'objet de cette démarche artistique qui fait naître des œuvres collectives. Ce projet a démarré à la maison, en famille et avec des amis, puis s'est étendu jusqu'en prison. Caroline Remouchamps, animatrice au Service d’aide aux détenus à la prison de Namur :
Mathilde a donc importé cette technique en prison, parce qu'elle s'est dit : « Voilà, c'est accessible à tout le monde, même aux prisonniers qui n'ont pas la maîtrise de la langue française. » Et cette technique a tout de suite été acceptée, et ils étaient très fiers de leur réalisation. On a découvert des œuvres joyeuses et ça donne une image vraiment positive de l'emprisonnement, de l'enfermement. Ça leur donne un espace de liberté, une possibilité d'expression vraiment très riche.
Joseph est passionné par les animaux, mais on retrouve aussi dans cette expo une série de portraits. Caroline Remouchamps, animatrice au Service d’aide aux détenus à la prison de Namur :
En fait, son professeur en France n'était pas professeur de langue des signes. Donc il était auteur de BD et pour lui expliquer les concepts et les consignes, il utilisait un trait noir. Joseph a sans doute été vraiment marqué par cette expérience pour avoir cette facilité à communiquer en dehors du langage oral qui lui posait des difficultés.
On vous encourage vraiment à laisser un mot dans le livre d'or, celui de Joseph pour continuer à l'encourager, et celui des prisonniers qui ne peuvent pas se déplacer pour venir visiter l'exposition. Il y a des cartes postales et des posters qui sont en vente, et tous les revenus seront reversés aux ateliers qui s'occupent des prisonniers.
Cette exposition se veut aussi interactive. Vous pouvez prendre part à cette technique pour participer à de nouvelles créations.
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